"La patience des volcans" de Jean-Pierre Bourquin

Date de l'évènement: 
Samedi, 25 Avril, 2015

Belle affluence il y avait samedi dernier (25 avril 2015) au vernissage de l'exposition consacrée à Jean-Pierre Bourquin à La Tannerie. Intitulée "La patience des Volcans", titre de l'une ...

... des œuvres exposées -  "petit clin d'œil crypté à l'attention de l'école de Rouen où je travaille…" confiera l'artiste en réponse à la question cartésienne qui en cherchait le sens – cette exposition présente des œuvres magistrales et doublement insaisissables pour certaines de par leur absence de finalité figurative et leur taille, avec des œuvres combinant les supports et les techniques. "C'est un travail récent, explique Erwan Le Bourdonnec le maître des lieux, trésorier de l'association ADER, travail sur bâche, sur toile, petits formats, emballages détournés et une partie de son incroyable production de carnets. Il travaille quotidiennement, dessin, peinture avec une grande liberté dans les techniques qu'il continue d'expérimenter chaque jour". Invité à dire quelques mots, Jean-Pierre Bourquin décline l'invitation dans un premier temps : "Si vous voulez savoir pourquoi je fais de la peinture, il faut me le demander… comme cela…". La question lui étant posée, il répond alors : "j'ai commencé à peindre, c'était chez mes grands-parents, dans un petit village de l'Eure. Je regardais une télé en noir et blanc et juste avant une émission avec Denise Glaser il y avait Jean-Marie Drot, grand journaliste de l'époque qui demandait à un artiste: qu'est-ce que vous conseillez à un jeune peintre de faire ? De jeter ses pinceaux et d'utiliser un autre médium a répondu l'artiste. Moi qui avait 12-13ans, j'ai été perturbé; Alors, ma grand-mère Odette m'a dit, pour me rassurer : ne l'écoute pas, c'est un con". Il n'a pas lâché ses pinceaux… "Au début, J'ai été figuratif, confiera l'artiste en aparté, et petit à petit, c'est le plaisir de la matière, du support qui a pris le pas. Le plaisir… et aussi le jeu… C'est comme quand on parle à des sportifs, quand ils arrivent à parler, il y a cet adrénaline du jeu. Pareil avec la peinture, l'adrénaline de prendre des risques; Et le plaisir; Et un truc tout con : c'est un pied de nez à la mort !".

Plus pragmatique, la nouvelle Conseillère Départementale, Cinderella Bernard, dira ensuite son "plaisir de voir ce beau lieu d'exposition". "Nous avons sur ce nouveau canton de Bégard des lieux très riches qui savent mettre l'art en avant, en lumière, et c'est très important car cela montre que chez nous, dans nos campagnes, nous sommes aussi capables de le faire découvrir". Pour répondre à quelques inquiétudes de certains sur l'avenir des accompagnements au niveau des associations et notamment de la culture, la Conseillère déclare : "soyez rassurés, la culture ne va pas disparaître; On lit beaucoup en presse que des festivals vont disparaître du fait des baisses de dotations et des subventions de l'État mais dans les Côtes d'Armor, on a à cœur de préserver ce dynamisme-là. Dans tous les cas on le défendra et le suivra de près".

Pour cette nouvelle saison de La Tannerie, deux expositions sont consacrées à Bourquin – "parce que moins, ce n'était pas bien" résumera Erwan Le Bourdonnec, et celle-ci, celle de printemps, est visible jusqu'au 5 juillet. Certes, c'est de l'art contemporain, souvent indéchiffrable – du moins pour un esprit cartésien – mais faut-il tout déchiffrer ? En la circonstance, ce qui ressort des œuvres exposées, c'est qu'elles témoignent d'une grande énergie, obsessionnelle, intrinsèque. Elles ne dévoilent pas d'intention… s'il en faut une ! Elles ne figurent pas, au sens figuratif du terme. Elles sont ! Elles sont matières; Elles sont reliefs. Ce sont des exutoires à la vie qui passe, sans finalité sinon que d'y prendre du plaisir.

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