Java pluvieuse… Java heureuse !

Date de l'évènement: 
Lundi, 24 Août, 2015

Lundi 24 août (2015) – Eh bien voilà ! Le rideau se referme sur la dixième édition de la Java dans les bois. Ce fût une très belle Java, la dixième, certes un peu humide, mais ...

...comme dit le proverbe : Java pluvieuse, java heureuse. Pardon ? Ce n'est pas pour la java le proverbe ? Mais, bon, ça le fait quand même, non ?

Tout a commencé lundi dernier par les préparatifs (NDLR : Voir article et vidéo ICI), puis, la veille du premier jour, jeudi, par le pot aux riverains. "Comme tous les deux ans, on paye un pot aux riverains, dit le président de Gwallspered, Yannick Jezequel, car on va vous causer un peu de dérangement. Cette année, c'est plus exceptionnel car c'est les vingt ans de notre association et les dix ans de la Java. C'est important pour nous, mais aussi pour vous je pense car si on a réussi à tenir vingt ans, c'est aussi grâce à vous". "L'important, c'est qu'on soit tous ensemble ce soir, ajoute l'adjoint au maire Yvon Bourdon. Tout le monde a été invité et cette dixième Java est un grand évènement et un superbe évènement pour la commune". Il félicite l'association, "tous ces jeunes, qui ne sont plus très jeunes ceci dit, mais qui ont l'esprit jeune et pas seulement malin comme l'indique le nom de Gwallspered" et dit combien l'association est importante pour la commune et combien la Java est reconnue au niveau du département et au-delà. "À ce titre, la commune fait un gros effort au niveau financier puisque l'on vous aide au travers d'une subvention de 4.000€, rappelle l'adjoint et on vous apporte le soutien logistique des services techniques" puis de conclure sur un souhait : "que la fête soit belle !".

"Saperlipoupette"

Vendredi, pour la première soirée, les portes ouvrent à 19h30. Il est dix-huit heure trente. Il y a la queue à la caisse. Il faut dire qu'à 18h, le premier parking est déjà bien rempli, et le camping adjacent commence à être parsemé de tentes. Sur le site, les bénévoles s'activent. La caravane de change est opérationnelle; La monnaie en cours sur le festival est le jeton vert; Le «Javacoin». 1€ pour un jeton. Les premières merguez et chipolatas sont sacrifiées sur le bucher des appétits – 2 javacoins le sandwich - et jusqu'à l'ouverture, les boissons sont à demi prix. Les soldes de début de java en quelque sorte, pour quelques privilégiés déjà présents sur le site, dont la rédaction de bvonline. La scène est magnifique de professionnalisme.

Pour l'ouverture du festival, une surprise est annoncée par les organisateurs : un premier artiste qui ne figure pas sur la programmation; L'artiste est une artiste ! Et réciproquement ! Il s'agit de Poupette – "la locale de l'étape" comme le dit Brieg, un bénévole en charge de l'espace scénique à qui on a aussi emprunté le titre du paragraphe : saperlipoupette – Poupette donc, la sympathique artiste Plouhatine aux talents multiples – coiffure, esthétique,  couture, chant et même comédie – membre active de Gwallspered, qui va ouvrir la Java avec des chansons de Dalida, Régine et Piaf.

Visionner la vidéo de l'intervention de Poupette ICI

Elle laisse ensuite la scène au duo de The Summer rebellion avec Arthur Bacon, accordéoniste virtuose, et la voix rocailleuse, très rocailleuse, du Canadien David Koczij aux percussions. Il fait nuit; C'est blues; C'est cajun; C'est swing. Ce sera ensuite au tour de Charlie and the soap opera; La tonalité est soul/funk avec le "haut-de-forme-chapeauté" Charlie Tchango au chant et au clavier et ses cinq comparses.

Puis viendra Le Bonk ! Une révélation. Ils sont quatre : Frédéric Abry au saxo, Alberto Bertinato à la trompette, l'excellent batteur Jean Delaval et Virgile Delmas, le machiniste. C'est à la fois électro, brass, balkan avec parfois, dans la trompette, des sonorités d'Ennio Morricone; Ce soir on joue "pour une poignée de javacoins". Bref c'est habité par de nombreuses références musicales; Autrement dit, c'est original, très bien construit et particulièrement festif.

Pendant les intermèdes, les deux compères de Grassman Vs Bigfoot, sur le manège, occupent l'espace et le temps. Ils font un malheur avec un Blue/Rock garage qui déménage. Difficile de rester statique en les écoutant !

À 2h30, la rédaction quitte la Java. Le bois de Gwerun est couvert de monde ! 2.300 entrées payantes annoncent les organisateurs. À l'embranchement avec la rue de Gwenéhzan, la gendarmerie veille… Contrôle du taux d'alcoolémie. Cool… la rédaction est clean !

"The Ditz"… le retour…

Samedi, à 18h, le temps est couvert et la pluie menace de s'inviter sur le festival. Elle a déjà fait une tentative dans l'après-midi et l'entrée du parking est quelque peu boueuse. Pour se garer, il faut aller au fond du fond d'un deuxième parking. Le premier est plein. Nous sommes en limite de la perturbation orageuse qui vient du sud-ouest et les bénévoles rencontrés croisent les doigts pour qu'elle évite Bégard. Au camping, sans doute sous l'effet de l'humidité, d'énormes champignons, des Quechuas, ont poussé. Y'en a plein ! Et ils sont habités !

Tout d'abord, un petit passage pour faire le plein de "javacoins" pour la soirée, un achat à la boutique – le t-shirt de la java, jaune cette année… pas sûr que ça aille avec le rose d'il y a deux ans ! – et un petit tour sur les bars à thèmes qui bordent la clairière. Tous les bénévoles sont prêts et Le Monique Brass Band est déjà installé sur le manège. Ce soir, ce sont eux qui vont assurer les transitions scéniques.

Le premier groupe à se produire sur la grande scène, c'est The Ditz. De retour à Bégard après leur incursion à la MJC pour leur Release party de juin (NDLR : article et galerie de photos ICI), Chris Caussines au chant, Sébastien Coatanhay à la basse, Stéphane Jourden à la guitare et Ian Proërer à la batterie, délivrent un rock teinté de pop, puissant et rugueux; Et accrocheur; D'ailleurs, le devant de la scène se peuple rapidement et la pluie s'installe pour la soirée (!). Fort heureusement, elle a le bon goût de ne pas être trop prégnante et la température est douce.

Après The Ditz, c'est au tour de Gangzterek, les Cévenoles – ils viennent du Vigan – de prendre possession de l'espace, avec timidité tout d'abord – c'est une de leur première grande scène – puis avec maîtrise ensuite, le chanteur Virag Peter allant même à la fin se jeter dans le public. L'inspiration est tzigane. C'est rock et rap. C'est particulièrement dansant et punchy.

Dansant sera aussi le groupe suivant : les italiens de Bomba Titinka. C'est leur première tournée en France. À la guitare et au chant, l'élégant Dario, alias Mr Bricks – costume et chaussures bicolores, noires et blanches – accompagné de la superbe et très souriante Wanda Lazzarovich à la basse, de Ricky Tiky à la trompette, de Guido Vincenti à la batterie et de Tano G. au clavier. Ils ont proposé un swing électro aux tonalités parfois nasillardes, le micro de Dario étant doublé d'un micro (un téléphone) produisant un ton suranné. C'était "made in Italy",  classe et sympa.

"Classe", ce n'est pas l'adjectif qui qualifie au mieux le groupe suivant : The Inspector Cluzo. Ils sont deux; Malcolm (Laurent) Lacrouts au chant et aux guitares et Phil (Mathieu) Jourdain à la batterie. Ils sont musiciens/paysans ou plutôt paysans/musiciens. Ils tiennent une ferme dans les Landes – Lou Casse - où ils élèvent des oies gasconnes "comme le faisaient nos aïeux" indique leur site internet. En revanche, il n'est pas certain qu'ils fassent de la musique comme leurs aïeux ! En juillet, ils ont enregistré à Nashville et sont allés jouer en République tchèque. Ils se sont produits dans 43 autres pays. Ils sont monstrueux ! Monstrueux de provocation quand Malcolm dit être heureux de jouer pour des bouseux en modérant : "mais nous sommes encore plus bouseux que vous puisque nous sommes Montois" et quand, plus tard, il va interpeller les spectateurs, les traitant de "bande de connards", sans modération cette fois, mais tout le monde a pris la mesure : le deuxième degré ! Monstrueux de talent; Monstrueux de charisme. Ce fût une claque dans la gueule. Un rock sans graisse - de canard ou d'oies il va de soi ! – sec, violent, hard, puissant. Et quels show men ! Des bêtes de live ! Ça déménage, surtout en fin de show quand ils se débarrassent de la batterie dans la fosse en avant-scène et que Malcolm demande à la régie de monter la puissance sonore. Gavé de décibels on était, comme leurs oies de grains. Merci la Java, merci les Gwallspered pour ce moment de grâce et de communion rock'n roll. Un grand moment. (NDLR : La rédaction recommande la visualisation du reportage réalisé par Yan Sourigues sur The Inspector Cluzo ICI)

Sans attendre les DJs de "Le catcheur, la pute et le dealer" – désolé ! - nous quittons les lieux à 2h30. Il pleut mais malgré cela, 3.500 festivaliers payants sont présents sur le site.

Très réussie "Petite java"

Dimanche, dès 15h, le temps était plus sec que la veille. Un bonheur puisque c'est au tour des enfants et des parents de profiter de la java. Un troisième parking a été ouvert – "il est plus sec; c'est mieux pour les familles" explique un bénévole en charge de l'accueil des voitures – et ils sont 1.500 parents et enfants sur le site. Les activités proposées sont très fréquentées. Grimpe d'arbres, contes d'Yvon Dagorn, funambules – Luna et Titi de l'Amour - maquillage, jeux circassiens avec Cirque en flotte, jeux bretons, dessins… fanfare avec Reuz Bonbon et pour clore l'après-midi, à 18h, un concert des Ours du Scorff. Et là, au concert, si les enfants étaient ravis, parmi les moins petits, les jeunes adultes et les adultes jeunes, il y avait des fans ! Des nostalgiques qui connaissaient les paroles et qui ont répondu en chantant aux invitations de Gilbert Bourdin et Laurent Jouin, les auteurs/chanteurs des Ours. Cet après-midi-là, pour La maison des bisous, Les attrape-mouches, La bonne pèche et autres titres, il y avait comme un écho dans la clairière de Gwerun.

À 20h, en même temps qu'arrivait sur scène le groupe Safara, la pluie s'est une nouvelle fois imposée. Safara… Ils sont quatre : Hassan Belbachir (percussions et chant), Séverine Louat (Chant) – une très belle voix - Envel Le Calvez (guitare) et Armel Ollivier (Basse). Ils sont natifs du Maroc, d'Auxerre, de Lannion et de Paimpol. Sous la pluie battante, ils sont convoqué le soleil avec des rythmes festifs du Maghreb et de swing manouche.

Avec le groupe Haoji, la place est laissée au funk avec une section cuivre fournie : Trompette, trombone, saxo ténor et saxo baryton et alto. Basse, guitare, batterie et chant de Louise Robard – une autre belle voix – complètent la formation qui, malgré la pluie, a néanmoins réussi à faire bouger les festivaliers, pour la plupart réfugiés sous les abris. Ce n'était plus la Java dans les bois, mais la Java sous les bois.

À 23h, à regret, nous abandonnons Smokey Joe & the kid et le Dj Dandy Rock. Il fait frais; Il "fait mouillé"; Ce fût toutefois une troisième belle journée de Java. À 2017 !

(NDLR : Vidéos et photos à venir dans les prochaines éditions)

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