Le Palacret insolite… du temps de la Commanderie

Date de l'évènement: 
Samedi, 31 Octobre, 2015

Samedi 31 octobre (2015), le Palacret fût plongé dans son histoire par un retour au Moyen-Age, du temps où ce lieu n’était encore qu’une commanderie hospitalière, fusse-t-elle de renom. En ce soir si particulier, ...

... le commandeur avait convié les habitants du coin, mais aussi d’ailleurs, à une visite de son domaine. Las, ce soir-là, c’était le branle-bas de combat : les bijoux de la mère du commandeur avaient été dérobés quelques heures plus tôt ! Pas question donc d’accueillir les visiteurs en toute liberté, aussi, furent-ils reçus par Catherine de Troguindé, une cousine du commandeur, un paysan et Hildegarde, une femme à tout faire, afin de les guider sur le domaine sans ajouter à l’effervescence de la recherche du coupable.

Afin qu’ils ne puissent pas être confondus avec le voleur, ils furent marqués au fer ! Aïe ! Puis invités à entamer la visite du domaine. Très friand de ce genre de spectacle, le commandeur s’était attaché les services d’un troubadour, d’un jongleur de feu afin d’agrémenter le parcours, parfois obscur… très obscur même, ce qui réserva plus loin quelques surprises «halloweenesques» - bêtes sauvages, buissons farceurs, spectre blanc et filandreux - et fit pousser quelques cris.

Echappés de la léproserie du Fot, des sujets sanguinolents, imparfaitement pourvus de doigts et manifestement pas en très grande forme, ont tenté de soutirer quelques sous aux visiteurs tout au long du chemin qui menait à la grange du bourreau, lequel, dûment pressé par le commandeur pour se tenir prêt à écourter le destin du voleur et son corps par la même occasion, aiguisait ses hâches en snobant la tête qu’il avait prélevée quelques jours avant et qui trainait encore dans son officine. A propos d’officine… les visiteurs durent passer par celle du médecin qui avait pris possession du fournil. En effet, appelé par le bourreau à tester le tranchant d’une hâche, un malheureux visiteur s’est effilé le doigt. Après le marquage au fer, ce n’était pas sa soirée ! D’autant plus que le médecin laissait entendre l’étendue de son incompétence, s’il faut en croire le patient de l’étage qui beuglait de douleur, ce qui eut le don d’énerver le charlatan qui le soignât… mais définitivement. Hélas. Plus question alors pour le visiteur de consulter. La confiance n’était pas au rendez-vous et encore moins lorsque l’infâme toubib proposa à ceux qu’il jugeait pâlots, un petit remontant fait de têtes macérées dans de l'alcool ; "C’est un jus de tête, clamait-il, ça réveille un mort !". C’est sans doute ce qu’avait bu cet homme dans l’ombre qui éructait grassement ou cette femme, plus loin, qui cardait sa laine, depuis plus de 500 ans… Paraît-il !

Après un passage dans les chemins noirs du domaine, les visiteurs sont arrivés dans la prairie et là, autour d’un immense brasier, des chevaliers mirent la main sur le voleur, la voleuse plus exactement, qu’ils conduisirent sans ménagement devant le débonnaire et somnolant commandeur qui fit preuve de la plus grande mansuétude en la condamnant… à la torture ! Pour commencer !

Après toutes ces péripéties, il fallait bien aux visiteurs un remontant qui ne fût pas fait de têtes et à la taverne, bonheur ils trouvèrent en dégustant une bonne soupe ou un vin chaud.

 

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Pour réaliser cette soirée d’Halloween, cette frissonnante balade, le collectif du Palacret – MJC, Amis du Palacret, War Dro An Natur et Etudes et Chantiers – a mobilisé 18 personnes dont une dizaine de bénévoles. Tous en costume d’époque – c’est une association de Goudelin qui les avait prêtés -, ils ont accompagné les quelques 150 visiteurs (au moins) ou tout simplement hanté le site.

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