Quand la gendarmerie… ne fait plus rire personne !

Date de l'évènement: 
Mercredi, 6 Avril, 2016

Mercredi 6 avril (2016), juste avant de passer au vote du budget primitif 2016 de la collectivité territoriale, le président Vincent Clec'h précise que ce budget porte en recette 80.500€, en prévision de la vente de l'ancien bâtiment de la gendarmerie, ...

... sis rue de Guingamp. "À ce propos, annonce le président, il y a une question écrite de Madame Rouzioux qui désire savoir quand a été prise la décision et s'il y avait eu une délibération". Vincent Clec'h rappelle alors que cette délibération a été prise lors du conseil communautaire du 16 décembre dernier.

Retour en arrière…

Effectivement, lors de ce Conseil, le sujet de la gendarmerie a été évoqué en question diverse, car urgent, une réponse de la collectivité devant être formulée avant le 31 décembre 2015. Il a alors rappelé l'historique de ce dossier : mise en vente en 2014 par l'étude de maître Allano pour 280.000€ selon l'estimation des Domaines puis, par défaut d'offres sérieuses, une délibération du 1er juillet 2015 entérine de le proposer aux bailleurs sociaux pour un prix situé entre 100.000€ et 150.000€ (ce sera 120.000€) (NDLR : Voir § "Ancienne gendarmerie" de l'article ICI). Entre le 1er juillet et le 16 décembre, il y eut deux conseils communautaires – les 7 octobre et 4 novembre – et aucune question n'a été posée sur cette décision qui, par ailleurs, a suscité l'intérêt de trois ou quatre personnes, dont certaines ont monté un dossier et fait venir des entreprises pour évaluer la rénovation du bâtiment. "On leur avait donné jusqu'à ce jour (NDLR : le 16 décembre donc !) avait alors déclaré Vincent Clech, et on a reçu qu'une seule offre ; On doit leur donner une réponse avant le 31 décembre 2015". Le prix de cette offre n'est alors pas dévoilée - "il n'y a encore rien de signé" – et le président propose que deux élus l'accompagnent pour discuter avec cette personne ; "C'est un couple du territoire qui a un projet immobilier ; Je propose qu'on rencontre cet investisseur pour négocier la somme – elle est négociable, c'est le jeu de l'offre et de la demande - et s'assurer de l'objectif poursuivi par cet investisseur". Yvon Le Moigne, le premier vice-président et Gérard Le Caër, le maire de Bégard, se portent volontaires. C'est acté par l'ensemble des élus présents, l'important pour le président étant "de ne pas laisser ainsi un bâtiment libre dans Bégard".

Retour sur un présent, un poil polémique !

"Vous n'avez pas pu avoir connaissance de cette délibération, puisque vous étiez absente ce jour-là à Trégonneau et le compte rendu de ce conseil n'a pas encore été rédigé, faute de temps" poursuit Vincent Clec'h à l'intention de Chantal Rouzioux.

Il fait un nouveau point sur ce dossier qui semble émoustiller quelques esprits vindicatifs : "Certaines personnes pensent que l'on fait un cadeau à un privé - vous avez pu voir cela dans les journaux mais également sur un blog de M. Bonjour - qu'on dilapide le bien collectif comme cela a été dit lors d'un dernier conseil (NDLR : Voir article sur le conseil communautaire du 24 février dernier ICI). Elles déclarent qu'il n'y a pas eu d'information sur cette vente…", alors que, tient-il à préciser, la décision a été prise en octobre 2014, mise dans le bulletin communautaire (NDLR : et non pas dans le bulletin communal s'agissant d'un bien communautaire), distribué à toute la population, chez le notaire, sur sa vitrine, sur son site internet ; "Un panneau a été installé sur place… Cette personne remet en cause l'intégrité du notaire, disant qu'il ne s'est pas déplacé, qu'il n'a pas fait d'annonce, qu'il s'est trompé de gendarmerie, que c'était l'ancienne… Elle remet en cause le travail des Domaines, l'état du bâtiment, disant qu'il était habitable de suite, par des migrants… sans même que le propriétaire soit consulté…". Il rappelle que les personnes qui ont signé le compromis vont engager plus de 200.000€ de travaux sur ce bâtiment ; "Il y a de l'amiante, dans les sols… il y a des problèmes énergétiques, le bâtiment est en classe D, il y a des fenêtres à changer, des mises aux normes électriques et il faut remplacer la chaudière". Dans le compromis, il indique une nouvelle fois, qu'une clause prévoit que tous les logements soient mis en location dans un délai de deux ans (NDLR : et non pas pendant deux ans comme l'a écrit M. Bonjour !) et que les travaux soient faits.

"Nous avons eu quelqu'un qui est venu dans nos services - je ne citerai pas son nom - très agressif avec le personnel communautaire mais aussi avec le notaire et les élus, disant que l'on n'avait pas fait de publicité, qu'elle aurait bien acheté… mais elle n'a jamais fait de proposition…" poursuit le président du Pays de Bégard. "Le plus grave, c'est qu'elle a divulgué des informations comme quoi, certains élus, auraient touché des dessous de table !".  "Ça m'a permis d'acheter une voiture neuve" plaisante Yvon Le Moigne. "Moi, ça me fait moins rire, poursuit Vincent Clec'h ; La notaire est très énervée car l'on met son intégrité en cause, nous aussi élus, et les futurs propriétaires se proposent d'aller au Tribunal…". (NDLR : M. Bonjour a écrit : Les documents de la Gendarmerie construite en 1979 ont disparu, peut être le notaire ou " l'heureux acheteur ", les ont récupérés, avec tous les devis et les plans, les travaux et matériaux décrits et comptabilisés… La dissimulation est un peu grosse, la broyeuse est encore chaude…"). Et Vincent Clec'h de conclure : "On peut ne pas être d'accord sur certaines choses mais mettre en doute l'intégrité d'élus, du notaire et des personnes qui achètent, cela est grave… On va réfléchir à la suite à donner ; Demain on a un conseil juridique, on envisage de porter plainte…".

Chantal Rouzioux, l'élue de BAGA(1) intervient : "Je n'entrerai pas dans la polémique d'internet car je ne me sens pas concernée. En revanche, au dernier conseil de février, j'ai appris que la gendarmerie était vendue 80.500€ ! Je ne m'étais pas préoccupée de ce bâtiment, car cela ne m'intéressait pas et j'estimais que je pouvais faire confiance aux élus". Mais elle le répète : "ce bien est bradé ! Je pense que si tout propriétaire d'immobilier accepte de baisser 3 fois et demi son prix en un an et demi, alors, c'est le moment d'acheter !". C'est effectivement 3 fois et demi (-67%) comparé au prix de vente initial de 280.000€, mais seulement un quart (-25%) si l'on considère le prix de 120.000€ accordé par les élus communautaires en juillet 2015. "Ce bâtiment ne date pas de 74… Il date de 79, continue-t-elle en livrant les résultats de ses recherches. Le terrain a été acheté en octobre 73, le permis de construire a été délivré en fin 77 et le bâtiment a été fini en 79". Pour l'élue, le déménagement de la gendarmerie, de l'avenue Pierre Péron à la rue de Guingamp, s'est fait en 79. "Cela fait 5 ans de moins que ce qui a été annoncé !". Toujours d'après Chantal Rouzioux, les garages ont été faits en 88 sur un terrain acheté en 79. "Dans les années 1990-2000, des travaux ont été faits sur cette bâtisse. Elle est indemne d'amiante, à l'exception d'un mur latéral qui a été recouvert d'ardoises en fibrociment et effectivement amiantées" affirme l'élue de BAGA, ce qui fait bondir le président de la Communauté de Communes qui propose le rapport technique à la contestatrice : "Vous dites n'importe quoi… Le rapport est là ! C'est même inscrit dans le compromis de vente qu'il y a de l'amiante dans les sols", puis il poursuit :  "et quand vous dites que vous ne lisez pas les blogs, je tiens à rappeler que Monsieur Bonjour, est un colistier de votre liste sur Bégard et que dans son blog, il reprend des termes que vous avez employés". Chantal Rouzioux se défend en indiquant qu'il fut colistier, effectivement, "mais il y a longtemps !" et que les contenus du blog ont pu être repris de la presse. "Vous avez quand même trouvé quelques renseignements aux archives alors ?" ironise Gérard Le Caër. "Pas vos archives, pas à Bégard !". "Non parce que j'ai lu que j'avais fait marcher les broyeurs, qu'ils étaient encore chauds". "Cela ne m'est même pas venu à l'idée !" conclut l'élue de l'opposition. Mais la conclusion reviendra à Noël Bernard : "Cela dit, chacun a le droit de s'exprimer. Cela nous permet une fois de plus de constater l'inimitié d'un certain nombre de raisonnements ; Et puis, après, on peut toujours choisir entre l'ignorance du sujet et le mépris".

Toujours est-il que cette gendarmerie justifiera, pour Chantal Rouzioux, son opposition au budget primitif 2016 de la communauté de communes (NDLR : Plus de détails dans l'article se rapportant aux budgets 2016 de la communauté de Communes du Pays de Bégard ICI).

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 (1) BAGA : Bégard A Gauche Autrement

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