"Table à Desseins" – La Tannerie explore le processus de création

Date de l'évènement: 
Samedi, 27 Juillet, 2013

Samedi 27 juillet (2013), il y avait beaucoup de monde au vernissage de la troisième exposition organisée par l'association ADER ...

... à La Tannerie. Inauguré il y a un an (cf. Article ICI), "ce lieu est devenu une étape incontournable de la vie culturelle Bégarroise" dira Arlette Offret, adjointe au maire de Bégard. Après "Chambre d'amis" en juillet 2012 (cf. Article ICI), puis "[∞] et autres cycles" (cf. Article ICI) ce printemps dernier, c'est au processus de création qu'est consacrée cette nouvelle exposition intitulée "Table à desseins".

Surprenante et ambitieuse exposition!

C'est une surprenante exposition, car elle traque la création dans les recoins les plus intimes de la pensée de son auteur, là où l'idée commence à avoir un soupçon de forme, là où l'idée commence à avoir besoin du support visuel et concret qu'est le croquis en tant qu'ébauche de concrétisation d'un projet, d'un dessein, de ces desseins qui vont d'abord exister en deux dimensions avant d'occuper l'espace, avant d'exister en trois dimensions. Surprenante, car au travers des objets exposés, cette exposition montre un processus de création et ceci, dans des univers différents tels que l'architecture, la chorégraphie, la musique, le design, la peinture, la typographie, la scénographie, le paysagisme. "Ce que l'on fait, explique Franck Mas le secrétaire d'ADER, c'est une sorte de cartographie de la pensée, de la création et bien que les disciplines soient diverses, on pourra voir certaines similitudes formelles telles qu'un rapport au diagramme, à la partition de musique. Donc, au fur à mesure que vous constatez ces analogies, vous vous poserez peut-être la question : d'où vient la création? Alors, peut-être vous rendrez vous compte que la création vient d'un seul et même endroit, car la façon de la traduire, la façon de l'inscrire, de la topographier, trouve parfois des analogies aussi bien dans le domaine de la chorégraphie, de l'architecture ou dans tout autre univers. Cette exposition, c'est une invitation à entrer à l'intérieur du processus de création".

C'est une exposition ambitieuse, car elle réunit quinze artistes qui ont confié des dessins rares, qui n'étaient pas destinés à être vus, qui ont été rarement vus et pour certains, qui ne seront plus vus ailleurs, après La Tannerie, tel ce croquis du chorégraphe Daniel Larrieu qui fixe ses idées de chorégraphie en une planche de danseurs filaires tracés à l'encre noire. Les droits de cette image ont été achetés par Hermès pour servir de modèle à un foulard de la marque, nous a confié Franck Mas en marge du vernissage. Ambitieuse exposition car il fallut un travail énorme pour que les animateurs de l'association ADER, Philippe Saltel, le président, Erwan Le Bourdonnec, le trésorier et propriétaire de La Tannerie et Franck Mas, le secrétaire, parviennent à réunir les pièces présentées. Un an de travail a été nécessaire. En introduction de la brochure de l'exposition, les instigateurs résument ce travail : "Après 13 rencontres, 15 présentations, 42 rendez-vous, 187 courriels, 212 coups de fil, 1 diner mémorable à la galerie Elzèvir à Paris et 3 autres à Montreuil, nous sommes émus de présenter une part de l'intimité créative de Jean-Max, Reza, Pierre, Gilles, Claude, Amélie, Pierre, Christophe, Daniel, Erwan, Franck, François, Pietro, Ivan et Françoise…".

C'est une exposition ambitieuse car derrière ces prénoms, il y a des patronymes et derrière ces patronymes, il y a des biographies prestigieuses. Jean-Max Albert tout d'abord. Il est peintre, sculpteur et auteur. Il aime la musique – il est trompettiste de jazz - et l'architecture. Il a réalisé le projet O=C=O du Parco d'Arte Vivente de Turin (+ d'infos ICI). Reza Azard, ensuite. Il est architecte, musicien et enseignant à l'Ecole Spéciale d'Architecture à Paris. Il est co-gérant de l'agence Projectiles (+ d'infos ICI) et a joué (batterie) avec Didier Malherbe, co-fondateur du groupe Gong.  Pierre Bonnefile est peintre décorateur, coloriste. Nommé "Maître d'Art" en 2010, il est diplômé de l'école Boulle et de l'école Nationale Supérieure des Arts Décoratifs à Paris. Depuis près de trente ans, il se consacre à sa passion pour la matière et la couleur (+ d'infos ICI). Gilles Clément, est jardinier. Ou plus exactement, jardinier, paysagiste, botaniste, entomologue, écologue. Et écrivain. Il a reçu le Grand Prix du Paysage en 1998. Il enseigne à l'école nationale supérieure du paysage de Versailles en sus de son activité de concepteur (+ d'infos ICI). Claude Courtecuisse est designer, diplômé de l'Ecole Supérieure des Arts Appliqués. Il a été le fer de lance de Steiner dans l'appréhension du design à base de matières synthétiques (+ d'infos ICI). Amélie de Beauffort, c'est une habituée du lieu désormais. Présente au printemps, elle propose cette fois-ci quelques-uns de ses "nœuds", de ses rubans de möbius. Elle est enseignante à l'Atelier du Dessin de l'Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles (+ d'infos ICI). Pierre Di Sciullo est graphiste, typographe et dessinateur de caractères… au sens typographique du terme! Lauréat du prix Charles Nypels à Maastricht en 1995, il mène ses recherche sur des médias et des matériaux variés tels que le livre, l'affiche, l'écran ou encore l'architecture (+ d'infos ICI). Christophe Guiraud est compositeur. Il est cofondateur du collectif la Grive et fondateur du festival Abside qui associe musique ancienne et créations contemporaines. Spécialiste en électroacoustique, il accorde beaucoup d'importance aux timbres et à la résonance dans laquelle la musique se déploie (Vidéo ICI). Professionnel depuis le début des années 80,  Daniel Larrieu est danseur et chorégraphe. il reçoit en 1994 le Grand prix national de la danse du Ministère de la culture. Ayant initialement fait des études d'horticulture, il s'offre une parenthèse en 95 en réalisant un jardin pour le Festival international des Jardins à Chaumont avant de retrouver sa compagnie Astrakan à Paris. Il est depuis juin 2012, administrateur délégué à la danse à la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques (+ d'infos ICI). Erwan Le Bourdonnec, c'est bien entendu le régional de l'étape, "La Tannerie" étant son œuvre, du moins l'une parmi d'autres. En effet, architecte et plasticien - il est diplômé de l'Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs et de l'Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Paris La Villette en 2000 – il s'est spécialisé dans la conduite de projets aux USA. Il est depuis 2005, professeur agrégé en arts appliqués à l'école Boulle en Design d'Espace (+ d'infos ICI). Secrétaire de l'association ADER qui gère la programmation de La Tannerie, Franck Mas est auteur, metteur en scène et scénographe. Il a écrit six pièces, a créé à San Francisco l'opéra contemporain Without ourselves, puis un opéra de chambre l'année suivante, œuvre qui sera reprise au théâtre du Rond-Point (Paris) un an après. Diplômé de l'Ecole Nationale Supérieure des Arts Appliqués et des Métiers d'Arts de Paris, il est aussi plasticien (+ d'infos ICI).  François Seigneur est architecte, plasticien, musicien et enseignant à l'Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Bretagne. En 1992, il remporte un succès international en réalisant le pavillon de la France pour l'exposition Universelle à Séville, puis la scénographie de l'exposition Design, miroir du siècle, au Grand Palais à Paris (+ d'infos ICI). Toujours parmi les architectes, le suivant est Pietro Seminelli. Il est aussi Maître d'art du pli, métier inexistant dans le domaine de la décoration avant qu'il l'invente. D'abord ébéniste, puis architecte d'intérieur, c'est en s'orientant ensuite vers le milieu théâtral et la haute-couture qu'il devient "architecte du pli" (+ d'infos ICI). Revenons à la musique avec Ivan Solono, compositeur et clarinettiste. Vagabond dans l'âme: six ans en Hongrie, des études et de longs séjours à Paris, Strasbourg, Rome, Madrid, "il est d'ici, il est d'ailleurs" et il parle une demi-douzaine de langues. Au moins! (+ d'infos ICI). Enfin, pour terminer cette galerie d'artistes et de créateurs, vient Françoise Tartinville. Elle est chorégraphe. Elle crée en 2003 sa propre pièce : L'accident linéaire puis fonde en 2006 la compagnie Atmen. En 2009 et en 2010, elle crée C Extra et le triptyque Intérieur Crème. Parallèlement à son travail créatif, elle conçoit et co-anime des ateliers sur le souffle et la dissociation du mouvement en Slovaquie et à Beyrouth (+ d'infos ICI).

Des bios très chargées, très intéressantes que l'on retrouve synthétisées dans le livret de l'exposition que nous recommandons (5€) pour décrypter les intimités des auteurs des desseins qui sont proposés à La Tannerie.

Dans ces biographies, sont nommés des personnages réputés, partenaires d'un instant de vie de ces artistes, comme Jean Nouvel (architecte), Didier Malherbe (musicien), Hugues Steiner (designer), Zahava Seewald (chanteuse), Wes Howard (chrorégraphe), Christain Merlhiot (cinéaste), Charles Zana (architecte), Andrée Putman (designer), Emmanuel Déruty (Compositeur et chercheur à l'IRCAM)... Sont aussi cités des lieux prestigieux où chacun a exercé ou exposé son art comme le Centre Pompidou, l'Institut de France, Christie's à Paris et New York, l'Hôtel Zebra Square à Moscou et Monaco, la Grande-Halle de la Villette, le Musée du Quai Branly à Paris, la galerie De Markten à Bruxelles, la galerie Felix Fulpa de Santa Cruz Californie….

… et La Tannerie… à Bégard, France.

Pratique : Entrée libre Du mercredi au dimanche, de 14h30 à 19h du 28 juillet au 15 Septembre sauf le mercredi 4 et le jeudi 5 septembre et le mercredi 11 et jeudi 12 septembre Acces :  La Tannerie, 29 rue du Roudour, 22140, Bégard (Plan ICI) Renseignements au 02.96.13.12.45

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