La Tannerie - Un triptyque d'artistes à voir jusqu'au 20 mai

Date de l'évènement: 
Jeudi, 9 Mai, 2013

Ouverte depuis le samedi 6 avril 2013, La Tannerie propose un triptyque d'artistes exposant des œuvres contemporaines de "grande qualité ...

... dira Erwan Le Bourdonnec, le trésorier de l'association ADER qui gère le lieu, lors de l'inauguration de cette étape du festival "Objectif 373" organisé par Itinéraires Bis et qui a impliqué la MJC du Pays de Bégard, la Fondation Bon Sauveur et La Tannerie en trois étapes d'un circuit local particulièrement riche en créativité artistique. Lors du vernissage auquel a participé près d'une centaine de personnes venues déambuler "en huit" autour des œuvres exposées, Erwan Le Bourdonnec, propriétaire de ce lieu qu'il voue à l'art contemporain, a tenu à remercier Véronique Vauvrecy, d'itinéraire Bis, Julie Tircot de la MJC et Sébastien Gobron de la Fondation Bon Sauveur pour leur participation, en plus de la sienne, au montage de cet évènement culturel qu'ils partagent tous avec les Bégarrois. Il a ensuite présenté les artistes : Anne Le Mée qui couvre trois lieux (cf. Article ICI), Emmanuel Lesgourgues, plasticien et designer, déjà présent en 2012 lors de l'inauguration de la galerie (cf.Article ICI) et Amélie de Beauffort, enseignante en classe de dessin à l'académie des Beaux-Arts de Bruxelles.

Emmanuel Lesgourgues – l'obsession des perles

Emmanuel Lesgourgues présente 4 pièces posées au sol, faites d'assemblages de perles, un mur de dessins et une vidéo donnant une idée "moléculaire" de son travail de plasticien. Pour ce qui est des pièces au sol, "je n'ai pas fait de dessin particulier" explique l'artiste; "Ce qui m'intéressait, c'était de me plonger dans une démarche obsessionnelle, enfiler des perles, un peu comme une performance, confronté, pendant 6 mois, à un rapport au temps différent". L'armature est faite de fil de fer. Elle est recouverte de fils "à scoubidou". A l'origine explique-t-il, "c'était une commande pour les 140 ans des laboratoires Shiseido qui fabriquent des produits cosmétiques. Ils étaient curieux de mon travail sur le corps, sur le squelette, l'armature et les éléments qui se réfèrent à la peau". L'autre œuvre exposée est un mur de dessins encapsulés dans des feuilles de plastique, ce qui donne du relief aux formes et fait songer à des émaux. "Les dessins étaient dans des carnets. Un jour, j'ai décidé de les ressortir, de les découper, de les assembler, de les fusionner de façon aléatoire pour les sortir de leur format rigide, un peu établi et de les reformuler sous plastique" expose Emmanuel Lesgourgues.

Amélie de Beauffort – l'obsession du 8

Faites de feuilles de polyester encrées au rouleau d'imprimerie, les œuvres d'Amélie de Beauffort surprennent par le double fait qu'elles sont identiques et totalement différentes et que les découpes qui les rendent flexibles et légères sont si parfaites qu'elles captent le regard comme si, inconsciemment, on voulait y trouver un défaut, un accroc. "Cela fait plusieurs années que je travaille sur un nœud en huit, toujours invariant, même largeur, même longueur de bande, en volume ou en projection à plat. La surface est clôturée comme un anneau de möbius. Mathématiquement, c'est une surface qui n'a qu'une seule face, un seul bord et si localement, on voit deux faces, globalement elle peut passer à l'intérieur et à l'extérieur, comme une fourmi en mouvement continu" expose l'artiste. À l'origine, explique-t-elle, elle a commencé à nouer des bandes de papier. Ce faisant, elle s'est rendu compte que, sans le faire exprès, il y a avait des nœuds souvent identiques, dont un qui revenait sans cesse. "J'ai appris qu'il s'agissait d'un nœud de 8. J'ai aimé le clin d'œil à l'infini, mais sans que cela ait une importance démesurée. Ce qui m'intéressait c'était qu'il soit noué de façon "möbienne" et qu'il ait une petite complexité pour que je puisse me noyer dedans. Mais en même temps, il fallait qu'il reste maitrisable, qu'il ne devienne pas indéchiffrable". La face de l'anneau de Möbius est découpée en minces bandes pour donner à la matière plus de flexibilité mais aussi plus de fragilité. "Les découpes donnent du ressort au matériau qui, au départ, n'est pas si souple et ce qui m'intéressait c'était, par l'accrochage de donner des formes différentes. Ces formes arrivent à l'aveugle et je ne peux pas tout à fait les contrôler dans leur devenir. C'est une série de décisions qui vient asseoir les choses … La forme advient par manipulation" révèle Amélie De Beauffort.

"Gastrula" d'Anne Le Mée – Au départ, une contrainte d'atelier

"Gastrula, faite en 2008, est née d'une contrainte d'atelier" explique Anne Le Mée. "J'avais besoin de définir un espace et en même temps, j'observais la chute d'une goutte d'eau tombant dans une flaque. J'en ai détaillé les différentes phases; J'ai scanné le mouvement, l'ai découpé en autant de photos virtuelles et j'ai reproduit cette chute sous la forme d'une sculpture". "C'est une pièce relativement fermée quand on en fait le tour mais qui a une face ouverte, descriptive d'un volume, du vide" interprète Erwan Le Bourdonnec lors de la présentation cette exposition étape d'"Objectifs 373" et intitulée "[∞] et autres cycles".

Tout autant pour Emmanuel Lesgourgues que pour Amélie de Beauffort, les œuvres sont des invitations à l'infini, à la répétition, au mouvement perpétuel. "Gastrula" d'Anne Le Mée, dans la veine des réalisations exposées au Palacret et au Bon Sauveur, invite à s'inscrire au sein d'un dessein, d'un objet monumental et même si celui-ci reste physiquement impénétrable de par sa conception, il invite à avoir un regard au travers. On n'y pénètre pas, on le pénètre. En revanche, comme "Pulsation" au Bon sauveur ou "Rivières" au Palacret, c'est l'eau qui fonde l'œuvre.

"[∞] et autres cycles" est visible de 13h30 à 18h les vendredis, samedis, dimanches et lundis jusqu'au 20 mai à La Tannerie, 29 rue du Roudour à Bégard.

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